Accueil Actualités Le GEPA et la Formation continue
Retour à la liste

Le GEPA et la Formation continue

L'ACTUALITE DU GEPA
Date
Titre / Résumé
04/08/2011

Le GEPA et la Formation continue


Avec l’évolution technique des projets, une révolution des modes opératoires est en cours. Elle constitue un défi pour les architectes et un fort enjeu pour la formation.

 

Aujourd’hui les architectes ont pris en compte l’impact du développement durable pour leur secteur d’activité. Ils réalisent l’importance de la part du bâtiment concernant la consommation d’énergie fossile et l’émission de gaz à effet de serre. Progressivement, la profession adopte les techniques adaptées pour construire ou réhabiliter les bâtiments. Afin que chacun soit parfaitement opérationnel dans ce contexte, une vaste tâche de formation reste à accomplir.


Mais au-delà des aspects proprement techniques conditionnant le choix des systèmes, procédés et produits, il apparait qu’une évolution de notre manière de faire va bouleverser nos habitudes tant aux stades de la conception, de la prescription que de la réalisation.

Cette évolution de la manière de faire questionne les relations entre intervenants au sein des équipes de la Maîtrise d’œuvre comme les relations avec la Maîtrise d’Ouvrage.  L’architecte maître d’œuvre, s’il n’est pas conscient de cette évolution devra partager ses prérogatives avec des conseils extérieurs, auditeurs et AMO, voire devra répondre aux spécifications qu’ils auront édictées, encadrant un peu plus son intervention. Il perdra alors peu à peu son rôle d’animateur principal du projet et de conseil privilégié du Maître d’Ouvrage.

 

  1. Anticiper le projet pour décider.

En effet, le « Construire durable » sous-entend la prise en compte d’objectifs de performance (énergétique, environnementale, de confort, technique et fonctionnelle). Ces objectifs sont fixés a priori et le projet est déterminé, en partie, par un choix de données objectives (niveau de consommation énergétique : maison bbc, passive, à énergie positive), choix d’une quantité d’énergie à produire (solaire ou éolienne par exemple) etc…. A ces choix prédéterminés sont souvent associés des modes de gestion, qui concernent déjà la prescription. Il est aisé alors de comprendre pourquoi ces prestations ne doivent pas quitter le champ de la maîtrise d’œuvre et pourquoi l’architecte maître d’œuvre doit les assurer. Dans ce contexte, les niveaux de performance sont validés par des contrôles (simulations et mesures ) qu’il convient aussi d’intégrer dans le processus.

Ces niveaux font référence à des démarches labellisées qui peuvent être sanctionnées par des certifications. Le dispositif est ainsi présent tout au long de la chaîne d’élaboration du projet avec une approche très en amont du travail de mise en forme car il doit aider à la décision de faire. On mesure que l’approche traditionnelle de l’élaboration progressive, linéaire dans le temps faisant naître questions et réponses est loin et qu’il est nécessaire d’opérer désormais de manière intégrative dans un système itératif. En ce sens on peut parler de véritable transformation du mode opératoire d’élaboration du projet.

 

  • Maîtriser les outils informatiques de simulation

Pour mettre en œuvre cette nouvelle manière de faire, il convient de recourir à des outils informatiques adaptés. Sur ce point aussi les architectes doivent être présents et assurer la gestion de ceux-ci. Ces outils déjà nombreux sur le marché vont des plus simples (module énergie sur moteur 3cl aux plus complexes, intégrés dans des outils de modélisation 3D) Ces derniers peuvent, par exemple simuler l’empreinte carbone ou l’énergie consommée, modéliser la lumière naturelle ou les flux d’air, optimiser les apports solaires. Ces outils ne sont pas des objets isolés mais font partie d’un système qui prétend organiser et gérer le cycle de vie d’un bâtiment en y intégrant les phases de conception, de construction et d’exploitation. La référence est le BIM (Building Information Modeling), pendant bâtiment de la gestion du cycle de production dans l’industrie : PLM (Product Lifecycle Management).
L’utilisation de ce système veut permettre une amélioration de la qualité pour le Maître d’Ouvrage avec un projet sans surprise intégrant une meilleur gestion des coûts et délais. Elle modifie néanmoins profondément le travail de la Maîtrise d’œuvre puisqu’il s’agit de travailler à partir d’une maquette numérique du projet qui se construit au fur et à mesure en structurant les données de manière transversale, en utilisant une même méthodologie et des fichiers communs à tous les acteurs. Elle nécessite de revoir l’organisation des acteurs pour le partage des données dans une situation où ils sont aujourd’hui en France peu intégrés dans des structures communes. Il convient aussi de résoudre la question : qui sera l’éditeur et qui contrôlera la plate-forme ?, et celle de la rentabilité des coûts d’acquisition. L’évolution ainsi n’ouvre pas seulement la porte des moyens mais aussi celle de la méthode qui s’inscrit dans « la conception intégrée ».

 

  • L’échange et le dialogue pour faire évoluer le projet

Le processus de conception intégrée (Integrated Design Process : IDP) mobilise la collaboration multidisciplinaire des principaux intervenants depuis la conception jusqu’au terme de la réalisation. La conception intégrée implique une conception « construire ensemble » où le bâtiment n’est plus considéré comme accumulation de composants mais un système d’éléments interdépendants. Le but étant de vérifier que le système fonctionne en harmonie.

 


Aujourd’hui, l’architecte ne peut ignorer cette évolution portée par le « Construire durable ». Il doit se positionner sur le marché de l’aide à la décision, sous peine de voir son rôle de conseil contesté. Il doit maîtriser les nouveaux outils pour réaliser ces missions. Il devra chercher à adapter à sa pratique les nouveaux modes opératoires mais il doit se montrer curieux et s’interroger sur le fait de savoir quels types de marché sont les mieux adaptés pour mettre en œuvre BIM et IDP ? Réponses attendues...